Malgré la hausse du taux d’usure, les difficultes d’emprunt vont persister.



Le premier juillet dernier, la Banque de France a enfin relevé le taux d’usure.

Est-ce une bonne nouvelle pour les futurs acquéreurs et emprunteurs en cette période de forte inflation ?


Qu’est-ce que le taux d’usure ?

Pour rappel, le taux d’usure désigne le taux maximal auquel une banque peut prêter de l'argent à un particulier. Il est calculé par la Banque de France chaque trimestre, et permet de refléter la moyenne des taux d'intérêt pratiqués. Le dispositif vise à protéger les consommateurs en interdisant aux prêteurs de réclamer des intérêts excessifs. Et il est effectivement indispensable !

Lorsque l’on se situe en période de forte inflation, les taux d’intérêt des prêts grimpent relativement vite car ils répercutent eux aussi la hausse des prix. Conséquence : en quelques semaines, les taux d’intérêt fixés par les banques peuvent venir tutoyer le taux d’usure ! On n’en est pas encore là aujourd’hui.


Concrètement, à quoi faut-il s’attendre suite au relèvement de ce taux d’usure ?


Cela dépend de la durée de l’emprunt souscrit. - Pour les prêts immobiliers d’une durée de 10 ans, il va passer de 2,44 % actuellement à 2,60 %.

- Et pour les prêts d’une durée de 20 ans et plus, il va passer de 2,43 % à un taux compris entre 2,58 % et 2,63 %.


Malgré les demandes appuyées des professionnels du secteur pour un relèvement plus fort du taux d'usure, Bercy a écarté cette option. Plusieurs réseaux bancaires et courtiers regrettent une mesure jugée "insuffisante" et constatent déjà une baisse du volume des crédits immobiliers octroyés par les établissements bancaires.


En effet, les taux d’intérêt continuant de remonter, cette relative souplesse ne devrait pas durer très longtemps.

Il reste donc vrai que même avec l’augmentation de 20 points de base du taux d’usure au 1er juillet, un certain nombre de dossiers ne repasseront bientôt plus la barre. D’autant que d’autres facteurs (notamment une prise en compte plus stricte du taux d’endettement) expliquent le resserrement des conditions d’octroi des crédits.

Le conseil pour les personnes décidée à emprunteur dans les temps actuels est donc de déposer sans attendre leur dossier afin de bloquer les taux qui peuvent leur être proposés.

En effet, les taux d’intérêt des prêts immobiliers restent aujourd’hui historiquement bas (le problème actuellement n’est pas le niveau global des taux d’intérêt, mais le resserrement des conditions d’octroi). Or, il est très vraisemblable que les taux d’intérêt poursuivront leur lente progression d’ici le prochain relèvement du taux d’usure. La Banque de France prévoit en effet une inflation annuelle en France de 5,6 % en 2022 et de 3,4 % en 2023.


Comment contourner le taux d'usure ?

En tant que particulier, il existe une petite astuce pour contourner le dépassement du taux d’usure : il faut externaliser l’assurance emprunteur (qui représente notamment une grosse part du coût d’un prêt immobilier) incluse dans l’offre de crédit. Grâce à la loi Lagarde, le fait de choisir une assurance emprunteur chez une compagnie d’assurance spécialisée, à la place du contrat de groupe proposé par la banque, peut permettre de faire baisser son taux de prêt à un niveau inférieur à celui du taux d’usure.

Un changement du nombre de mensualités de l'emprunt également permettre de contourner le taux d’usure.



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